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Retour sur l’intervention de l’ANRH au Forum national des associations et fondations

Comment démontrer concrètement l’utilité sociale de nos activités et utiliser cette connaissance pour progresser ? Le 15 octobre, au Forum national des associations et fondations, l’ANRH a partagé son retour d’expérience lors de la table ronde « La mesure d’impact : un levier de transformation ». Accompagnée par RYDGE Conseil et Ayming, elle a présenté les enseignements de sa première démarche de mesure d’impact social et les transformations qu’elle souhaite engager, en interne comme auprès de ses partenaires.

Mesurer pour mieux comprendre notre impact social

Pour les organisations de l’économie sociale et solidaire (ESS), la mesure d’impact répond à plusieurs enjeux : comprendre les effets de leurs activités, rendre compte de leur contribution auprès de leurs parties prenantes et disposer de leviers pour améliorer leurs pratiques.

Comme l’a souligné Léo Aniesa, consultant ESS et RSE chez RYDGE Conseil, cette démarche ne se limite pas à démontrer les résultats obtenus. Elle peut également éclairer les décisions, aider à arbitrer entre différentes options et nourrir une dynamique d’amélioration continue.

Encore faut-il que la méthode retenue corresponde à la réalité de chaque organisation. La gouvernance de la démarche, la mobilisation des équipes et l’appropriation des résultats sont essentielles pour que la mesure d’impact devienne un véritable outil de transformation.

Un autre principe est déterminant : donner la parole aux personnes directement concernées. Il faut à la fois compter les effets produits et raconter ce qu’ils changent concrètement dans la vie des personnes.

C’est cette approche que l’ANRH a souhaité privilégier.

Placer les salariés en situation de handicap au cœur de l’évaluation

Présentée par Marine Girault, cheffe de projets RSE et développement durable à l’ANRH, cette première démarche de mesure d’impact social a constitué un projet collectif majeur pour l’association. Elle a mobilisé de nombreuses fonctions, des équipes de direction aux établissements et aux équipes opérationnelles.

Son objectif principal : vérifier que le modèle d’accompagnement de l’ANRH contribue effectivement à sa mission sociale, à savoir développer l’employabilité des personnes en situation de handicap et favoriser leur maintien dans l’emploi.

Pour y parvenir, l’ANRH a fait un choix méthodologique fort : interroger directement les personnes qui bénéficient de son action. Plutôt que de décrire uniquement ses activités et ses moyens, l’association a cherché à comprendre ce que son modèle produit réellement dans la vie professionnelle et personnelle de ses salariés.

Cette démarche a permis d’identifier huit effets majeurs :

  • Le développement des compétences professionnelles.
  • La compensation des effets du handicap.
  • Le renforcement de l’autonomie et la prise de responsabilités.
  • Le sentiment d’utilité et la fierté liés au travail.
  • La stabilisation de la vie personnelle.
  • Le développement des liens sociaux.
  • L’intégration des codes de l’entreprise.
  • La capacité à se projeter dans l’avenir professionnel.

Ces résultats permettent de mieux comprendre les mécanismes par lesquels le travail contribue à l’employabilité. Ils mettent notamment en lumière le rôle déterminant du management de proximité et l’importance des situations de travail réelles, au contact des équipes et des activités économiques.

La mesure d’impact ne consiste donc pas seulement à constater des effets : elle aide à identifier les conditions qui les rendent possibles. Pour l’ANRH, les huit effets identifiés constituent désormais une véritable feuille de route pour progresser.

Piloter la mission sociale avec la même exigence que la performance économique

La démarche ne s’arrête pas à la publication d’un rapport. L’enjeu est maintenant d’intégrer ses enseignements dans le fonctionnement quotidien de l’association.

L’ANRH suit déjà de nombreux indicateurs liés à son activité économique et opérationnelle. Elle souhaite désormais renforcer sa capacité à piloter sa mission sociale avec le même niveau d’exigence.

Un tableau de bord de la mission sociale est ainsi en cours de construction. Il doit permettre de suivre les indicateurs à trois niveaux : celui des établissements, celui des régions et celui de l’association dans son ensemble.

L’objectif n’est pas de multiplier les indicateurs, mais de disposer d’outils utiles à la décision. Il s’agit de mieux apprécier les effets des actions engagées, d’identifier les marges de progression et d’éclairer les choix stratégiques.

Les enseignements de l’étude doivent ainsi contribuer à une amélioration continue des pratiques, en s’appuyant sur une compréhension plus fine de ce qui favorise réellement l’employabilité des salariés.

Faire évoluer les relations avec les entreprises et les financeurs

La mesure d’impact social ouvre également de nouvelles perspectives dans les relations de l’ANRH avec ses partenaires.

Avec les entreprises clientes : construire des partenariats à impact

L’objectif est de dépasser une relation commerciale classique pour faire émerger de véritables partenariats à impact. En rendant plus visibles les effets sociaux des prestations confiées à l’ANRH, l’association peut aider ses clients à mieux comprendre leur contribution à l’emploi et à l’employabilité des personnes en situation de handicap.

Marie-Sophie Dolatille, responsable Partenariats France chez Ayming, a illustré cette dynamique à travers la relation entre les deux organisations. Ayming est à la fois cliente de l’ANRH et partenaire dans des collaborations commerciales, notamment dans le cadre de coopérations associant également les entreprises clientes finales.

Cette double relation repose sur une création de valeur réciproque et sur la complémentarité des expertises. La mesure d’impact peut renforcer cette approche en rendant la contribution sociale des collaborations plus concrète et plus lisible.

Elle peut également favoriser les passerelles entre différentes fonctions de l’entreprise. Une collaboration initiée par les achats peut, par exemple, nourrir les politiques de responsabilité sociétale des entreprises (RSE), de ressources humaines ou de handicap. Les enseignements du rapport d’impact peuvent ainsi alimenter les réflexions et les actions RSE des entreprises partenaires.

Avec les financeurs et les institutions : mieux démontrer les effets produits

La démarche fait également évoluer la manière de rendre compte de l’action de l’ANRH auprès de ses partenaires institutionnels et de ses financeurs.

Jusqu’à présent, le suivi portait notamment sur les moyens mobilisés et les réalisations : nombre de personnes accompagnées, heures de formation ou actions d’accompagnement.

La mesure d’impact permet d’aller plus loin en apportant des éléments sur les effets de ces moyens pour les personnes concernées.

Ce passage d’une logique de suivi de l’activité à une logique d’évaluation des résultats offre une meilleure compréhension de la contribution de l’ANRH à sa mission sociale. Il donne également de nouveaux éléments pour dialoguer avec les parties prenantes sur les effets produits et les améliorations à poursuivre.

Donner davantage de visibilité à la contribution des entreprises adaptées

Au-delà de l’ANRH, la mesure d’impact représente un enjeu pour l’ensemble du secteur adapté.

Fabrice Van Kote, secrétaire général de l’ANRH et vice-président de l’Union nationale des entreprises adaptées (UNEA), a apporté un éclairage sectoriel à cette réflexion. La mesure d’impact peut contribuer à mieux faire connaître la double contribution des entreprises adaptées : sociale, par leur action en faveur de l’emploi des personnes en situation de handicap, et économique, par les activités qu’elles réalisent.

En apportant des éléments tangibles pour étayer leur discours, elle peut renforcer leur capacité à faire entendre leur vision auprès des entreprises et des pouvoirs publics, et à prendre leur place dans le débat public.

Cette perspective ouvre également des pistes de réflexion collectives pour consolider les données à l’échelle du secteur et mieux valoriser sa contribution. Elle permet surtout de remettre les personnes en situation de handicap au centre du discours, en s’appuyant sur les effets concrets de leur expérience professionnelle.

Faire de la mesure d’impact une démarche vivante et collective

Cette table ronde a mis en évidence une conviction partagée : la mesure d’impact social prend tout son sens lorsqu’elle ne reste pas un exercice d’évaluation isolé, mais devient un outil au service de l’action.

Pour l’ANRH, les résultats obtenus constituent à la fois un moyen de mieux comprendre les effets de son modèle d’accompagnement, une feuille de route pour améliorer ses pratiques et un support de dialogue avec ses partenaires.

En donnant toute leur place à la parole des salariés, en mobilisant les équipes et en faisant évoluer ses outils de pilotage, l’association poursuit un objectif essentiel : mieux comprendre ce qui produit de l’employabilité pour renforcer durablement son impact social.

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