Electronique, restauration, câblage téléphonique, assemblage informatique, réparation vélo... Le parcours de Cédric ne manque pas de rebondissements. Arrivé à l’ANRH de Nantes en 2008, après un passage dans le milieu ordinaire qui ne lui correspondait plus, il y a trouvé bien plus qu’un poste. Dix-huit ans plus tard, il est l’un des piliers de l’activité réparation vélo, lancée en 2022. Rencontre avec un homme discret, minutieux et fier du travail bien fait.
“J’ai toujours voulu travailler dans l’électronique. C’est une passion pour moi. Mais malheureusement je n’avais pas de niveau assez élevé pour travailler dans ce domaine. C’est pourquoi après ma troisième j’ai décidé de faire un CAP en comptabilité et secrétariat. Je savais que ça déboucherait sur des métiers de bureau, un environnement dans lequel je me sens en sécurité.
Mais je n’ai pas continué dans cette voie. J’ai ensuite fait un apprentissage dans les métiers de la restauration. Suite à ça, je faisais des remplacements dans des restaurants d’écoles, universitaires, les maisons de retraite ou alors pour les routiers. Mais là encore, je n’ai pas continué car je m’ennuyais et le gaspillage de la nourriture m’a dégoûté du métier.
J’ai voulu alors reprendre un lien avec ce que j’aime faire, l’électronique, en faisant une mise à niveau au Greta dans le domaine de l’informatique. J’ai alors travaillé en tant que monteur-soudeur en électronique en intérim, 4 mois. Puis j’ai fait du câblage pour le réseau téléphonique pour France Telecom, en CDI. Je ne suis resté que 6 mois car je n’ai pas aimé les déplacements réguliers à Paris et la pression me créait de l’anxiété.
Après ça je suis entré dans une boîte qui faisait de l’assemblage informatique. J’y ai été employé sans diplôme mais j’ai su démontrer ma compétence car ils m’ont embauché en CDI. J’étais missionné de monter des unités centrales d’ordinateur, je devais en faire 20 à la journée, à moi tout seul.
Malheureusement, avec mes problèmes de santé, notamment aux oreilles, j’ai dû me diriger vers le milieu protégé après 2 ans. Et c’est comme ça que je suis arrivé à l’ANRH en 2008.”
“Tout au long de mon parcours à l’ANRH j’ai été sur beaucoup d’activités différentes. J’ai commencé par du conditionnement pour Waterman. Nous devions mettre en forme le carton d’emballage et conditionner les stylos ou les cartouches d’encre à l’intérieur.
Ensuite j’ai travaillé pour une marque dans le domaine de la sécurité pour laquelle nous devions tester le bon fonctionnement mais aussi, rénover les détecteurs de présence, alarmes.
J’ai aussi travaillé pour les pompiers. Nous devions intégrer dans des mallettes des pièces électroniques, faire du câblage. Avec cette mission j’ai pu retrouver ce que j’aime faire, l’électronique.
Parfois il m’arrivait aussi de donner un coup de main sur notre pôle tertiaire, sur de la mise sous plis.
En 2015, j’ai commencé à travailler pour le client VMI. Pour lequel nous devons coller des mousses à l’intérieur de caissons, du rivetage et conditionnement. C’est une mission que l’on a encore aujourd’hui et sur laquelle il m’arrive d’être.
En 2022, une nouvelle activité s’est créée à l’ANRH de Nantes, celle de la réparation vélo. On m’a alors proposé d’en faire partie. J’ai accepté, curieux de découvrir de nouvelles choses et de voir de quoi j’étais capable. J’ai alors été formé au CNPC pendant 1 mois et demi pour découvrir le b.a.-ba de la réparation vélo. Comment démonter, remonter, nettoyer et restaurer un vélo. Régulièrement nous avons aussi des formations internes pour nous former aux évolutions des vélos et la maintenance de ces nouveaux éléments.
En parallèle j’ai continué d’autres missions : du montage et assemblage, de la maintenance, de la découpe, du conditionnement ou encore du contrôle de pompes plus récemment.”
“Nous n'avons travaillé que pour quelques clients pour l'instant, vu que c’est une activité qui est assez récente.
Nous avons fait une prestation pour Decathlon. Nous étions dans l’atelier en magasin et nous étions chargés de monter les vélos.
Nous avons aussi fait de la réparation de vélos pour les salariés de différentes entreprises comme le Crédit Mutuel, le Crédit Agricole sur leur campus de Nantes Est, au ministère des Affaires Étrangères, chez Kereis, Sercel ou encore Doctolib à Niort. Globalement pour ce type de prestation nous prenons en charge une quinzaine de vélos à la journée sur un ou plusieurs jours.
Sinon il nous est arrivé que des clients nous amènent des vélos. Nous avons déjà fait de la réparation mais aussi du montage de vélos neufs. Puis on renvoie les vélos au client.”
“La veille nous préparons tout le matériel dont nous avons besoin. Nous emmenons des pièces détachées pour pouvoir les remplacer au besoin, un compresseur, des accessoires et d’autres produits qui nous servent à entretenir les vélos. Et bien sûr les pieds qui nous servent à maintenir les vélos. Puis nous chargeons tout ça dans notre camion.
Le jour J nous faisons le déplacement jusqu'au site du client, on décharge le camion, on installe tout le matériel et on est prêt à accueillir les vélos. On forme des binômes, on travaille toujours à deux sur un vélo pour être sûrs de ne rien laisser au hasard.
Les salariés amènent leur vélo, les problèmes sont identifiés par Arnaud et Hugues (retrouvez le portrait de Hugues et de Claude juste ici) puis le vélo passe en réparation. Une fois les réparations finies le salarié est notifié que son vélo est prêt, par sms, et il récupère son vélo. Il repart avec un diagnostic sur lequel on identifie les pièces qui sont à changer et dans combien de temps.
Notre but, lors de ces prestations, c’est de s’assurer que le vélo est sécuritaire. La sécurité c’est la priorité pour nous. C’est pour cela que nous n’intervenons que sur ce qui est essentiel. On vérifie d’abord l’état général du vélo, puis on intervient sur les réglages nécessaires : le système de freinage et de transmission, les pneus, la direction, le pédalier, les éclairages, etc. S'il le faut nous changeons certaines pièces (patins de freins, câbles, gaines, chambre à air). Et puis on nettoie aussi le vélo.
Notre responsable veille à la qualité de notre travail et nous aide si l’on a quelques difficultés.”
“Contrairement à ce qu’on pourrait penser, les réparations ne se ressemblent pas, il en existe une grande variété. De plus on intervient sur différent type de vélo, pas que des vélos classiques, on a aussi des vélos électriques ou encore des vélos cargos.
Mais il faut savoir qu'au départ je n'aimais pas trop aller à l’extérieur, ça me créait un peu d’angoisse et c’est toujours un peu le cas. Mais une fois sur place, je me plonge dans le travail et alors ça va beaucoup mieux.
J’ai aussi découvert que j’aimais beaucoup rénover les vélos, parce que le résultat est concret. Je peux voir directement le fruit de mon travail ! ”
“Je ne suis pas toujours sur l’activité vélo. Quand il y a de l’activité sur les autres prestations type Sodikart, VMI, Storopack, je vais sur celles-ci.
Quand c’est un peu plus calme, je m’entraîne sur des vélos que l’on a récupérés avec le reste de l’équipe. C’est important car cela nous permet de mettre en pratique ce que l’on a vu durant les formations et de ne pas perdre la main.
Les vélos que nous récupérons sont souvent de vieux vélos en mauvais état, nous nous amusons alors à les rénover. C’est comme ça que j’ai découvert que j’aimais beaucoup ça. Nous démontons complètement le vélo, nous décapons les pièces pour leur donner un coup de neuf, parfois on doit les changer et ensuite on doit tout remonter. Dans le bon sens c’est mieux. Et une fois que le vélo est de nouveau sur roue, flambant neuf, on ressent une vraie fierté du travail accompli. J’aime bien car c’est un travail minutieux, manuel et dans lequel il faut être patient. Comme dirait Claude, c’est un métier visible.
Je profite de ces entrainements pour m’améliorer sur le réglage du dérailleur, parce que c’est mon point faible. Mais je suis persévérant et je suis sûr qu’un jour je serai un professionnel.”
“En arrivant à l’ANRH, je ne pensais pas que j’allais y rester aussi longtemps. Je pensais retourner dans mon domaine qu’est l’électronique après 2 ans, mais finalement ça fait 18 ans que je suis là.
J’y ai trouvé un poste très enrichissant, à l’environnement varié. J’ai pu toucher à tout et découvrir des métiers que je ne connaissais pas. C’est pour moi une très belle découverte.
J’ai une bonne relation avec mes responsables, j’essaie de rester simple, zen, discret, de bonne humeur et comme ça tout se passe bien. J'ai su donner une bonne image de moi, montrer que je suis quelqu’un qui est respectueux, honnête et à qui on peut faire confiance.
En bref, je suis très fier de travailler pour l’ANRH. J’ai appris plein de choses et travaillé sur des prestations très variées, ce qui a fait de moi quelqu’un de polyvalent aujourd’hui.”
